22 Mai 2020: Au lendemain du triple scrutin présidentiel, législatif et communal de ce 20 mai qui a vu une participation massive des Burundais, nous partageons un commentaire d'un de nos experts locale sur le conflit et la consolidation de la paix. Quels sont les grands enjeux? A l'annonce des résultats, quelle est la prochaine étape?

Révisé le 26/05/2020

Comme on s’y attendait, le CNDD-FDD (Conseil National Pour la Défense de la Démocratie–Forces pour la Défense de la Démocratie) et son candidat Évariste Ndayishimiye sont les grands vainqueurs des élections présidentielle, législatives et municipales du 20 mai d’apres les résutats proclamés par la Commission Electorale Nationale Independante ce lundi 25 mai. À 52 ans, Évariste Ndayishimiye va donc remplacer Pierre Nkurunziza du même parti à la magistrature suprême avec un score de 68,72 % contre 24,19 % à son principal challenger, Agathon Rwasa.

À 52 ans, Évariste Ndayishimiye va donc remplacer Pierre Nkurunziza du même parti à la magistrature suprême avec un score de 68,72 % contre 24,19 % à son principal challenger, Agathon Rwasa.

Cette large victoire est pourtant contestée par la principale formation d’opposition, le Conseil National de Libération qui a dénoncé une fraude massive et de nombreuses irrégularités avant, pendant et apres le triple scrutin. Des irrégularités confirmées par les rares journalistes et observateurs indépendants encore présents au Burundi. Pour Agathon Rwasa, les conditions d’ une élection équitable et démocratique étaient loin d’être réunies. Avant même la proclamation des résultats du vote, le CNL avait averti qu’il allait saisir la Cour Constitutionnelle en guise de contestation.

Dans la capitale économique Bujumbura, l’annonce des résultats n’a pas donné lieu à de grands débordements de joie. Tôt dans la journée de ce lundi, les forces de l’ordre avaient été deployées dans les principales artères de la ville. Le parti au pouvoir avait aussi appelé au calme et l’opposition à la retenue. Il faut dire que la répression et le traumatisme de la contestation du troisieme mandat de Pierre Nkurunziza sont dans tous les esprits.

Dans la capitale économique Bujumbura, l’annonce des résultats n’a pas donné lieu à de grands débordements de joie.

Ailleurs dans le pays, c’est un calme precaire qui y règne, aucun incident majeur n’a été rapporté jusqu’a présent.

La stabilité politico-sécuritaire du Burundi dans les prochains jours se trouve donc dans les mains du CNDD-FDD et du CNL et leur capacité à gérer respectivement leur victoire et leur défaite. Tout en félicilant le nouveau président élu, les pays de la sous-région et de la communauté internationale l’appelle à oeuvrer pour l’intérêt de tous les Burundais et la stabilité sécuritaire de la sous-région.

Tout en félicilant le nouveau président élu, les pays de la sous-région et de la communauté internationale l’appelle à oeuvrer pour l’intérêt de tous les Burundais et la stabilité sécuritaire de la sous-région.

Quelle est la suite ?

Il faut dire que les défis qui attendent le président élu sont énormes, à commencer par la gestion immédiate d’une victoire contestée par une partie de l’électorat en mettant fin aux actes d’harcèlememt et d’intimidation de l’opposition. Sa marge de maneouvre face au président sortant sera à surveiller de près. Plusieurs analystes estiment que Nkurunziza cherchera à garder une main mise sur le pouvoir et a téléguider les principales decisions du pays en faisant usage de son influence en tant que de Guide Suprême du Patriotisme et président du conseil des sages du CNDD-FDD.

S’il parvient à se defaire de l’influence du cecle des généraux du CNDD-FDD qui tiennent le pays d’une main de fer depuis 2005, Evariste Ndayishimiye sera alors en mesure d’opérer des gestes d’ouverture envers l’opposition, la société civile et les médias. Des gestes qui contribueraient au retour des centaines de milliers de réfugiés, au rétablissement du bon voisinage particulièrement avec le Rwanda et à la reprise de la coopération avec les principaux bailleurs du pays qui ont suspendu toute aide à la suite du processus électoral hautement contesté de 2015.

S’il parvient à se defaire de l’influence du cecle des généraux du CNDD-FDD qui tiennent le pays d’une main de fer depuis 2005, Evariste Ndayishimiye sera alors en mesure d’opérer des gestes d’ouverture envers l’opposition, la société civile et les médias.

Surtout, et avec urgence, il doit stopper la prolifération du COVID-19 dont la lutte semble avoir été reléguée au second plan.

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