29 Septembre 2016: Malgré quelques avancées, les militants de dire que le respect des droits de l’homme est précaire en Côte d’Ivoire. Daniel Ozoukou parle Abraham Denis Yaurobat, Président de l’organisation ivoirienne de défense des droits de l’homme APDH-CI.

[Légende] Abidjan est la capitale de l’économie de la Côte d’Ivoire. Mais le développement économique n’a pas correspondu avec la volonté politique d’enquêter sur les crimes ou de construire un système de justice équitable, selon les militants. Crédit image : Willstephe Vaho/ [caption]


Quelles sont les questions clés des droits de l’homme en Côte d’Ivoire ?

[vedette] Réunions et marches organisées par les partis politiques de l’opposition ont été systématiquement interdites ou réprimées [/standout], nous devons répondre à cette question en termes d’institutions et de la consolidation de l’état de droit. Il y a eu des avancées significatives en ce qui concerne les efforts du gouvernement sur les droits de l’homme. Plusieurs projets législatifs en 2015 que consolidé réalisations en Côte d’Ivoire. Les exemples incluent :

-La nouvelle Loi sur la torture, qui définit et réprime la torture dans le cadre de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
-L’inauguration d’une Commission sur l’accès à l’information dans l’intérêt public, CAIDP.
-L’élaboration d’une législation protégeant les défenseurs des droits de l’homme, la société civile qui a été soumis au ministère des droits de l’homme.

Toutefois, la situation est loin d’être idéal en ce qui concerne la consolidation de la primauté du droit. Malgré les nombreux appels lancés au gouvernement, les libertés d’association et de manifestation sont restés sous stricte surveillance. Réunions et marches organisées par les partis politiques de l’opposition ont été systématiquement interdites ou réprimées. À titre d’illustration, organisation locale les enregistrements APDH qu’en 2015, une année électorale, au moins 99 % des réunions organisées par l’opposition ont été violemment réprimées par la police, sous prétexte qu’ils n’étaient pas autorisés ou par des partisans du régime en complicité avec la police, qui ont regardé l’agression sans intervenir. Ces attaques a souvent abouti à l’arrestation et de blessures graves. Par exemple :

-En mars 2015, une réunion organisée par Aboudramane Sangaré, un des leaders du FPI, a été violemment réprimée à Yopougon.
-En mai 2015, une réunion de Kouadio Konan Bertin, candidat indépendant à l’élection présidentielle d’octobre 2015, a été interdit à Gagnoa.
-En juin, une manifestation organisée par l’opposition parti COJEP, prévu dans le quartier de Yopougon de « Toit Rouge », est réprimée par les forces de sécurité. Toutes les autres réunions ont été réprimées bien que 2015 était censé pour être une année électorale au cours de laquelle partis politiques habituellement organisent des réunions pour mobiliser leurs électeurs.

[vedette] L’utilisation de la répression et l’emprisonnement est susceptible de radicaliser les positions et la violence de carburant [/standout] même pour la presse, ce qui représente un bon baromètre de la démocratie, APDH fait remarquer que la télévision et la radio nationale avaient des difficultés à rester impartial, incapable de faire rapport sur les activités de la société civile et de l’opposition. Plusieurs partisans de l’opposition et les dirigeants ont été arrêtés et détenus au cours des dernières années.

Par exemple, Lida Moise de Koumassi (Ministre de la défense ancien pendant le régime de Gbagbo) a été arrêté le 24 novembre 2014 et est resté en prison depuis lors sans aucun jugement. Après plus d’un an à la prison centrale d’Abidjan, il a été transféré au camp pénal de Bouaké, où il est toujours en prison.

Le 7 janvier 2015, médecin Assoa Adou a été arrêté et détenu à Abidjan, peu après son retour d’exil au Ghana. Il continue d’être emprisonnés.

Danon Djédjé, Hubert Oulaye et Justin Koua, tous les dirigeants de l’opposition, ont été arrêtés en mai 2015. Djédjé a été mise en liberté, mais les autres restent en prison.

Beaucoup d’autres qui ont été emprisonnés dans le contexte de la crise postélectorale continue de croupir en prison aujourd'hui, certains sans procès. Parmi eux sont un nombre important d’anciens soldats, des policiers et des gendarmes. Par ailleurs, des manifestations d’étudiants, qui sont devenues presque quotidiennement dans les derniers mois, sont aussi violemment réprimées par la police qui ont des unités basées en permanence sur le campus.

En avril 2016, une descente de police de nuit punitif sur les résidences universitaires a entraîné plusieurs blessures graves, ainsi que des accusations de viol. Mais, malgré les dénégations du gouvernement, aucune enquête n’a été conduit, malgré les appels de l’APDH. Cette utilisation quasi permanente de la répression et l’emprisonnement comme la seule réponse aux protestations d’étudiant est susceptible de radicaliser les positions et la violence de carburant.

Au niveau judiciaire, toutes les épreuves en ce qui concerne la crise post-électorale a été tenue à s’attaquer aux partisans du régime de Gbagbo. Cela a conduit à parler d’une « justice des vainqueurs ».

Sur le front de la sécurité, alors que les indices de sécurité se sont améliorées dans les dernières années, l’APDH fait remarquer que le phénomène des « microbes » et « gnambros » continue d’être préoccupante.

Toutes ces questions s’assombrir l’image des droits de l’homme en Côte d’Ivoire.

Y a-t-il des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire ? Combien ?

[vedette] Véritable réconciliation dépend de la justice équitable [/standout] la question des personnes emprisonnées est un fléau de ce régime. Le gouvernement ne reconnaît pas la présence de prisonniers politiques dans les prisons ivoiriennes. Cependant, pour nous, ceux qui sont emprisonnés pour avoir fait preuve, ou en raison de leur soutien présumé à l’ancien régime sont des prisonniers politiques. Et ils sont nombreux. Nous n’avons pas le chiffre exact parce que notre enquête n’est pas encore achevée. Mais nous estimons qu’il y a actuellement environ 200, si l'on tient compte de ceux qui sont morts ou ont été libérés.

Quelles sont vos opinions sur la réconciliation et la paix en Côte d’Ivoire, en particulier en ce qui concerne la justice nationale et internationale ?

Pour utiliser la métaphore du professeur Francis Wodié, pour nous, la justice doit être une aiguille qui réunit les deux morceaux de tissu. Cette image traduit le rôle que la justice devrait jouer dans le cadre de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Cependant, hélas, ce n'est pas ce qui se passe. Nous voir la justice nationale et même internationale va dans un sens, ciblant les partisans de l’ancien Président Laurent Gbagbo, tandis que toutes les organisations de droits de l’homme, y compris l’APDH ont documenté les violations des droits de l’homme des deux côtés [de la guerre], y compris les partisans d’Alassane Ouattara.

Cela crée le sentiment de la justice sous les ordres du pouvoir exécutif. Les massacres de Duékoué, Carrefour, où plus de mille personnes ont été tuées en une journée, dans le camp de déplacés de Nahibly, les massacres à Bouaké... ce sont des crimes qui ne devraient pas se taire. Ces événements doivent être pris en charge afin de rendre justice aux victimes.

Ce que suggère-t-il APDH pour aider à construire une paix durable en Côte d’Ivoire ?

Pour l’APDH, véritable réconciliation dépend de justice équitable qui traite toutes les victimes de la même façon et les tient responsables de chaque auteur. L’absence de justice équitable est la base de propositions pour une loi d’amnistie. Si la société ivoirienne reste profondément polarisée, c’est la conséquence d’un projet incomplet de la réconciliation, en plus des questions économiques et de sécurité. Ces griefs, si résolu, pourraient promouvoir la réconciliation.

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